Texte : AVANT QUE JE CÈDE LA PLACE

septembre 2026

Avant que je cède la place
Aux nouveau-nés nouveaux venus
Que je subisse le sort hélas
Que tant avant moi ont connu

Avant que je perde la face
Que le doute en moi s’insinue
Quoi que je dise ou que je fasse
Que la vie sans moi continue

Je veux encore que le soleil
Me caresse le corps et la peau
Que mes yeux toujours s’émerveillent
À la vue de ce qui est beau

Avant que vous perdiez ma trace
À petits pas à pas menus
Que j’oublie tout que tout s’efface
Et disparaisse dans les nues

Avant que je meure de guerre lasse
Pour mieux plonger dans l’inconnu
Que Dieu s’il existe de grâce
Me souhaite aux cieux la bienvenue

Je veux encore que le soleil
Me caresse le corps et la peau
Que vibre encore dans mes oreilles
Le sifflement gai des oiseaux

Avant qu’une douleur tenace
Que j’avais longtemps contenue
Délibérément me menace
Sans aucun tact sans retenue

Avant que ma vie courte hélas
Ne tienne plus qu’à un fil ténu
Tenu au fil du temps qui passe
Sans que la douleur s’atténue

Je veux encore que le soleil
Me caresse le corps et la peau
Avant ce long si long sommeil
Avant ce long si long repos

(à paraître dans CHANTS LIBRES)

Texte : TORRRENT DE BOUE

TORRENT DE BOUE

septembre 2026

Torrent de boue avalant tout sur son passage
Dans la vallée la dévalant tout est naufrage
Tout englouti enseveli anéanti
Nous apprentis sorciers pas sages tout petits

Réchauffement effondrement glaciers en rage
Montée des eaux soudaine comme une crue d’orage
Vague violente et déferlante dévastant tout
Masse mouvante film d’épouvante chaos partout

Torrent de boue

Digues rompues villages rasés destins brisés
Pont explosé atomisé pulvérisé
Tout ravagé tout saccagé la vie s’éclipse
À la seconde la fin du monde l’apocalypse

Alors s’enfuir sauver sa peau pas faire barrage
Presser le pas ne pas traîner dans les parages
Gravats débris tous aux abris pour aller où
Dans ce Népal meurtri détruit K.O. debout

Chaos de boue

Pour échapper à ce flux d’eau d’une rare puissance
Voyez ces rescapés courir dans tous les sens
Affolés apeurés filant vers la forêt
Avant d’être happés rattrapés dévorés

Par ce raz-de-marée cette vague géante
Profonde et pénétrante comme une plaie béante
Vague violente et virulente dévastant tout
Masse mouvante film d’épouvante de bout en bout

Torrent de boue
K.O. debout
Relevez-vous

(à paraître dans mon prochain ouvrage CHANTS LIBRES)

Texte : LES PUTAINS

LES PUTAINS

août 2026

Loin des crachats et des potins
Un peu d’égard pour les putains
Qui tortillent du popotin

Un peu de respect pour ces dames
Ces filles de choix du macadam
À portée du premier quidam

Un peu d’amour pour ces catins
Qui souvent du soir au matin
Sur le trottoir font le tapin

Sans grand entrain sans état d’âme
Dans les bas quartiers d’Amsterdam
À Paris Boulevard Saint-Martin

Au grand dam de ces puritains
Ces puribonds ces calotins
Les méprisant d’un air hautain

Un peu de respect pour ces dames
À la merci d’un plaisantin
D’un détraqué d’un libertin

Un peu d’amour pour ces putains
Qui pour un très maigre butin
Vendent leurs corps vont au turbin

Qu’on les maltraite les diffame
Les souille d’insultes infâmes
Ces dames sont avant tout des femmes

Des mères des filles des sœurs D’instinct
Ont-elles choisi ce destin
Aux petits matins incertains
Pour quelques plaisirs clandestins

(à paraître dans mon prochain recueil : CHANTS LIBRES)

 RECOMPENSES CONCOURS

SARMENT D’OR aux 25ème Jeux Poétiques de Sartrouville 2026 (78)

« dans la catégorie : poésie rimée longue »

avec le poème : TA NOUVELLE ADRESSE

 

TA NOUVELLE ADRESSE

 décembre 1975

Demain

Sitôt le jour naissant frissonnant à vue d’œil

J’irai seul et autant que mon cœur le voudra

Dans la plaine lointaine et blanche comme un drap

Que jonchent feuilles mortes et souvenirs en deuil

 

Je marcherai sous les longs râles des chapelles

Et me voyant couvrant la plaine à te chercher

Les oiseaux feuilles d’automne joueront à chat perché

Dans le lacis des branches qui à toi me rappelle

 

Silencieux et transis les arbres aux bras tendus

Dont il ne reste que les os rouillés que sais-je

Comme des déportés à genoux dans la neige

Se dresseront au loin comme autant de statues

 

Saisi par le froid vif et cet instant précieux

Je marcherai sans fin après nos dix-neuf ans

Mes souvenirs s’envolent comme feuilles au vent

Que ma peine profonde semble venir des cieux

 

Je marcherai vers toi et figé dans le givre

L’épouvantail au loin planté comme une croix

Sur ce linceul neigeux dans la brume et le froid

Sera le seul témoin de ma raison de vivre

 

Petite mère aimante à l’infinie tendresse

Sous le ciel lumineux éclairant l’horizon

Sans stèle ni cercueil le vent comme oraison

Je prendrai le chemin de ta nouvelle adresse

 

Et demain comme hier à la belle saison

Après avoir marché d’une force évidente

Dans ma plaine fidèle complice et confidente

Je reviendrai d’un pas tranquille à la maison

 

– 1er PRIX au «  Concours en Pays de Haute-Sarthe «  Printemps des poètes » 2026

– 1er PRIX au «  Concours de poésie Médiathèque-Mairie Puget-sur-Argens (83 Var)

(thème: la liberté)

avec le poème : LIBRE COMME L’AIR

 

 

LIBRE COMME L’AIR

 octobre 2000

 

Être libre comme l’air

Plus léger que le vent

Et sans en avoir l’air

Vivre de l’air du temps

 

En se donnant de l’air

En flânant en rêvant

Si souvent solitaire

Mais jamais seul pourtant

 

Être libre comme l’air

Dès le jour se levant

Avec Prévert Baudelaire

Prendre la clé des champs

 

Marchant le nez en l’air

L’œil vif le cœur battant

Loin des cris de colère

Et du monde marchand

 

Être libre comme l’air

Et se donner du temps

Du temps pour ne rien faire

Qu’à écouter le vent

 

Le chant de la rivière

Les merles sifflotant

Le long de la clairière

Ouverte aux quatre vents

 

Être libre comme l’air

Plus léger que le vent

Et sans en avoir l’air

Se sentir plus vivant

1er PRIX au « 8ème Concours de poésie de Salles-Curan (12 Aveyron)

(thème : le bonheur)

avec le poème : DES MOMENTS D’ÉMOTION

 

DES MOMENTS D’ÉMOTION

avril 1991

Y a dans la vie dans l’existence

Des moments d’émotion intenses

Qui durent le temps d’un baiser

Qu’on voudrait voir s’éterniser

Le reste a si peu d’importance

Des moments de vie suspendus

Un mot un geste inattendu

Un regard planté dans le nôtre

Qu’on n’en connaît plus aucun autre

Un sourire une main tendue

Des moments de bonheur immenses

Le temps d’une douce romance

Comme on en vit dans les romans

J’en ai vécu moi par moments

Quand tout finit tout recommence

Y a dans la vie dans l’existence

Des moments d’émotion intenses

Qui durent le temps d’une chanson

Qui vous fout partout des frissons

Un air un refrain une stance

De ces moments j’en ai connu

Qui m’ont fait monter jusqu’aux nues

Dans les élans et les envols

De nuits d’ivresse et d’amours folles

Toujours toujours les bienvenues

Y a dans la vie dans l’existence

Des moments d’émotion intenses

Intenses intenses un temps soit peu

Je vous le dis comme je peux

Sans regret et sans insistance

Des moments de pure jouissance

À frôler parfois l’un des sens

Qui durent le temps d’une chanson

Sur laquelle parfois nous dansons

Accepterez-vous cette danse

Le reste a si peu d’importance

ANTHOLOGIIE EUROPOÉSIE UNICEF 2025

poème retenu : ASSEZ

 

ASSEZ

janvier 1993

Assez de morts de vies brisées

De corps blessés martyrisés

D’aigreur de rancœur et de haine

Assez de combats de tueries

De crimes de viols de corps meurtris

De cris de sanglots et de peine

Assez de villes assiégées

Et de civils chez eux piégés

Terrés en cave comme des rats

Assez d’exécutions sommaires

D’instincts guerriers vils et primaires

Terribles enclaves et cetera

Assez aujourd’hui comme hier

De pousse-au-crime de va-t-en-guerre

De victimes et de scélérats

Assez de peuples menacés

De sang versé fronts transpercés

Bombes larguées villes martyres

Assez de destins fracassés

De femmes et d’enfants déplacés

Sans même savoir où partir

Je pensais ce temps dépassé

Comme une affaire pliée classée

Mais les rancœurs toujours reviennent

Comme un refrain une vieille rengaine

Histoire ancienne et ressassée

Qui ne peut jamais s’effacer

Oh serre ta main dans la mienne

 

PRIX D’HONNEUR au « Concours de poésie/slam de Brassac (81 Tarn)

(thème : couleur des mots, mots en couleur)

avec le poème : LE VERT DE L’ESPÉRANCE

 

LE VERT DE L’ESPÉRANCE

avril 2026

Pourquoi cette peur bleue

Devant ces temps troublants

Devant le fer le feu

Se faire des cheveux blancs

Pourquoi faire grise mine

Et être vert de rage

L’horizon s’illumine

Toujours après l’orage

Pourquoi broyer du noir

Devant ces temps moroses

Je veux au ciel bleu croire

Et voir la vie en rose

Et si je dois passer

Par toutes les couleurs

Je ne peux me lasser

Ici ou bien ailleurs

Du vert de l’espérance

Et ses mille nuances

Pourquoi donc rire jaune

En ces précieux instants

Où les arbres bourgeonnent

Amoureux du printemps

Au temps des primevères

Et des premières jonquilles

Au sortir de l’hiver

Dès que le soleil brille

Et si parfois je suis

Comme vous rouge de colère

Lorsque le monde essuie

Un déluge d’éclairs

Je me suis mis aux vers

Pour reprendre des couleurs

Pour mieux lever mon verre

Ici ou bien ailleurs

Au vert de l’espérance

Et ses mille nuances

2ème PRIX au « Concours de poésie de Feurs » ( 42 Loire) 

(thème ailleurs)

avec le poème SORTIR DE L’OMBRE

 

SORTIR DE L’OMBRE

avril 1991

Sortir de l’ombre

Sortir des rangs

Sortir du nombre

Des figurants

Sortir en trombe

Même en courant

Au pas de charge

Quitter les lieux

Prendre le large

Vers d’autres cieux

Être à la marge

Pour vivre mieux

Sortir du lot

Et de la masse

Sortir de l’eau

Et de la nasse

Sortir des flots

Qui nous menacent

Mettre les bouts

Mettre les voiles

Pour n’importe où

Gonfler la toile

Croire avant tout

En son étoile

 

-1er PRIX au « Concours de Poésie Médiathèque-Mairie Puget-sur-Argens » (83 Var)

– 3ème PRIX au « Concours de poésie de la médiathèque d’Ayen » (19 Corrèze)

avec le poème RETROUVAILLES EN UKRAINE

 

 

RETROUVAILLES EN UKRAINE

 mars 2022

 

Vous viviez libres heureux comme on vit à vingt ans

Des rêves plein la tête et de fêtes en surprises

Avec à l’horizon des promesses de printemps

Voilà qu’en un instant tout s’arrête et se brise

 

Février vingt-deux le ciel gris s’obscurcit

Sous le sol ukrainien d’un déluge de feu russe

Des villes pilonnées et d’autres en sursis

Missiles à domicile comme autant de virus

 

Vous n’aviez demandé ni l’ennemi à vos portes

Ni sur des terres minées que flotte son drapeau

Sur le front désormais êtes comme tant d’autres

Déterminés à vaincre et sauver votre peau

 

Dans le froid la grisaille le brouillard et la neige

De vifs éclairs cisaillent le ciel lourd et plombé

Voyez marcher au loin ces inquiétants cortèges

Et comme pris au piège vos compagnons tomber

 

Celui-là qui s’affale sous des rafales de tirs

Rêvait de fiançailles et d’avoir des enfants

Quelles tristes retrouvailles il revient en martyr

Un trou dans le poitrail et les deux pieds devant

 

Vous viviez libres heureux comme on vit à vingt ans

Des rêves plein la tête et de fêtes en surprises

Tombés en combattant n’avez pas eu le temps

De vivre votre vie l’ennemi vous l’a prise

 

ANTHOLOGIE 2026 « UN JOUR UN AMOUR » (pour enfants)

poèmes retenus : CLÉMENTINE ET POMME et PRUNELLE ET LE PRUNEAU

(extraits de LA DÉVORANTE PASSION DES FRUITS)